HISTORIQUE

L'occupation du site de notre ville est très ancienne; en effet, on a retrouvé dans notre sol des vestiges du paléolithique et du néolithique. Les Néandertaliens, qui habitèrent cette région il y a quelque cent mille ans, vécurent vraisemblablement dans la vallée de la Vesdre, comme le prouvent les armes, les outils en silex taillé et les fragments d'os retrouvés dans les grottes de Fonds de Forêt, de Goffontaine et de La Chantoire. A la fin de la période pléistocène (première période du quaternaire), arrivèrent les hommes de Cro-Magnon. Leur outillage était déjà plus perfectionné; les objets de cette époque retrouvés démontrent un énorme progrès sur les périodes antérieures.

De 8000 à 7000 avant Jésus-Christ, de nombreuses peuplades venant de l'Est et appelées celtiques, germaniques ou gauloises, envahirent nos contrées. Les dernières tribus germano-celtiques qui arrivèrent dans notre pays au 4e siècle avant notre ère, se mêlèrent rapidement à la population.

Avant l'arrivée des Romains, la région verviétoise faisait partie du territoire Éburon qui s'étendait entre le Rhin et la Dyle. L'établissement des Romains sur le site verviétois se remarque au nom donné à la ville.

Deux théories s'opposent à ce sujet : le terme Verviers proviendrait de
- « Virovirius », nom d'un personnage qui aurait vécu en Somneleville où la tradition place une villa gallo-romaine (Version de V. Tourneur)
- Viroviacus, composé de « Virovius », nom d'un personnage et d'un suffixe celte -acus, qui traduit une idée d'appartenance, serait à l'origine du nom de notre ville. (Version de H.Baiverlin).
Il existe une troisième hypothèse quant à l'origine du nom de notre ville mais bien qu'elle ait été démontrée invraisemblable par les historiens, je vais vous la conter comme Jean Le Mercier, qui administrait Verviers en 1564, la fit transcrire:
« Il y avait autrefois, au Marquisat de Franchimont, un village appelé Crotte... Ce village était situé vis-à-vis de la montagne de Hombiet, sur la rive gauche de la Vesdre. Ce village ayant été détruit pendant les guerres des Sarrasins, les habitants commencèrent à défricher les bois où est aujourd'hui Verviers et y bâtirent des maisons. Le bois s'appelait Vieux Chêne en raison des arbres qui y poussaient. On dit que ce fut un évêque de Liège qui, admirant la beauté et la verdure de cet endroit, défendit d'encore l'appeler Vieux Chêne mais bien Alt und Grün, ce qui signifie vert et vieux. Mais le patois wallon remplaça le flamand et l'endroit prit le nom de Vert et Vieux d'où émergea d'abord Vervi puis Vervier... Le « s » ne fut ajouté que bien longtemps après. ».
Voilà pour la légende.

Revenons à la période gallo-romaine et, avec elle, à l'apparition du christianisme. Identifier les dieux gaulois aux divinités romaines fut plus aisé que de faire admettre les principes de cette nouvelle religion...

A la fin du 2ème siècle, des germains pillards envahirent la Belgique. A la fin du 5ème siècle, ils forcèrent les troupes romaines à abandonner nos provinces. Saliens et Ripuaires s'approprièrent les domaines devenus vacants.

Aujourd'hui encore, on reconnaît au nom qu'elles portent les localités où domina tel élément celtique, belgo-romain ou franc. Pour ce dernier cas, nous pouvons citer Stembert, Rechain, Dolhain.

Au 10e siècle, Verviers dépendait, ainsi que ses hameaux, de ce grand territoire cédé par le roi de France, Charles le Simple, à l'Eglise Liégeoise. Dès lors, Verviers fait partie des 5 bans de Franchimont, terre de la Principauté de Liège.

Les historiens ont placé au 9e siècle la fondation de la paroisse primitive par les abbés de Stavelot. La légende prétend que dès le 7e siècle, Verviers aurait été pourvu d'un modeste oratoire de bois créé par Saint Remacle. Il aurait été remplacé au 11e ou 12e siècle par une chapelle de pierre.

Avant 1468, Verviers n'était qu'une modeste bourgade rurale : les habitations étaient faites de bois, de torchis et étaient recouvertes de chaume. Elles possédaient une étable ou une porcherie, car la majorité des habitants se partageaient entre la culture et l'élevage.

C'est sur cette butte de Sommeleville que prit naissance le village. On pouvait y trouver l'église, entourée du cimetière. La maison commune, située au couchant de l'église, servait de marché couvert. Au pied de la butte se situaient, au nord, le canal qui actionnait le moulin; à l'est, le ruisseau de Sécheval, le long duquel s'élevait un manoir dénommé dans les documents « Manoir de Vervier », « Tour de Sècheval », « Tour Quentin » ou Quantin. Dès 1340, on pouvait trouver, le long du canal un hôpital pour « voyageurs et pauvres passants ». Il tomba en ruine dans la deuxième partie du 16e siècle.

Ce n'est qu'au 17e siècle qu'apparurent les fouleries. Devant l'essor de la draperie, l'industrie métallurgique, bien que plus ancienne, disparut.

Durant le 16e siècle, Verviers demeure un petit bourg dont l'extension reste modeste malgré le développement de son industrie textile. A cette époque, un marché hebdomadaire et une foire franche annuelle se tenaient devant l'hôtel de ville.

Au 17e siècle, les habitations se multiplièrent et Crapaurue devint une artère importante. Les rues n'étaient ni éclairées ni pavées. Les maisons, toujours en bois, étaient des proies faciles pour le feu. Aussi préféra-t-on, à cette époque, les remplacer par des habitations en pierre. Verviers acquit peu à peu, l'aspect d'une agglomération assez importante pour amener le Prince-Evêque à donner l'ordre d'édifier une enceinte et assez riche pour réclamer et obtenir le titre de « Bonne Ville » en 1651.

Il fallut attendre 1789 pour que se produise un mouvement populaire tel qu'il entraîna la chute de ce régime féodal qui durait depuis plus de mille ans. Mais en 1791, le major autrichien O'Donnel prit possession de la ville et mit en fuite les chefs du mouvement révolutionnaire.

Après maints retournements de situation, c'en fut fait de l'indépendance liégeoise et les républicains français furent désormais les maîtres de notre pays. Arrachés à leur foyer par la circonscription, nombre de jeunes verviétois allèrent trouver la mort dans les troupes napoléoniennes.

Après la bataille de Waterloo (1815), Verviers connut une période de prospérité : la mécanisation était rapide et les usines s'agrandirent. Les premières machines à vapeur apparurent chez les plus grands fabricants (1816-1823). La puissance des familles Biolley et Simonis est omniprésente: en 1808, 8 maisons furent construites, sur leurs ordres, rue des Grandes Rames. En 1833, Raymond Biolley fonda une cité ouvrière rue Raymond, point de départ des Prés Javais.

En 1814, on recense 9875 habitants; en 1829, 19592 et en 1990, 53631.

En quelques mots, voici comment se présentait notre ville en 1843. Au nord de la Vesdre, on ne trouve guère que la populeuse rue de Hodimont, la place Saucy, le Spintay et quelques misérables ruelles. Cinq ponts enjambent la Vesdre: le pont Léopold, le pont du Chêne, le pont des Récollets, le pont d'Andrimont et le pont de bois des Dardanelles. A l'est, la fabrique Iwan Simonis, rue de Limbourg; au sud, Crapaurue, la place Verte, les Xhavée et Vieille Xhavée formaient la limite de la surface bâtie.

Outre les places des Récollets, Verte et du Marché, le Spintay et Crapaurue étaient les rues les plus commerçantes. La rue de l'Harmonie, bâtie dix ans auparavant, était une rue fort paisible. L'établissement de la station de chemin de fer, en juillet 1843 et le transfert, en avril 1844 de la poste, lui donnèrent plus de mouvement. Tout au sud de la ville, se trouvait le pittoresque quartier de la porte de Heusy. C'était le plus animé de la ville vers 1800, mais la construction de la route de la Vesdre en 1826 changea cette situation.

Au milieu du 19e siècle, toutes les rues du centre étaient pavées, mais elles ne possédaient pas encore de trottoirs. Une nette amélioration fut apportée entre 1843 et 1845 : les « cassis », rigoles traversant la plupart des rues, furent remplacés par des canaux souterrains.

Pour ce qui est de l'éclairage, on utilisa des lampes à huile jusqu'en 1833. Elles étaient alors utilisées du premier octobre au 31 mars et 18 jours par lunaison seulement. Une usine de gaz d'éclairage s'installa dans l'enclos des Récollets. Dès lors, les rues principales et les places publiques furent pourvues de réverbères au gaz. En 1852, on décida d'éclairer toute l'année; en 1863, l'éclairage à l'huile fut supprimé.

Les industries s'étaient installées, pour la plupart, le long du canal des usines qui, de la rue de Limbourg, se prolongeait jusqu'au pont du Chêne. Dans un périmètre relativement restreint se mouvaient les ouvriers des fabriques de Grand'Ry, de Biolley, Simonis, Dubois, Hauzeur, plus ceux des teintureries. La maison de J-F Biolley occupait alors quelque 2000 ouvriers. L'activité industrielle sera en hausse jusqu'au début du 20e siècle. L'industrie drapière attire les usines de machines textiles, ce qui provoque l'apparition de tanneries et de fabriques de chaussures.

Après la première guerre mondiale, Verviers devient, avec Bradford, capitale mondiale de la laine.

En 1934, la crise économique met en difficulté le textile, mais surtout la chaussure. La crise décisive du textile, qui se produira à la fin des années 50, de par la concurrence des pays en voie de développement, impliquera la disparition d'un grand nombre d'usines textiles et avec elles celle d'usines de construction de machines textiles.

Mais, grâce à l'initiative d'industriels et à l'implantation de différents zonings dans l'entité, Verviers a su, de par son travail et son courage, garder son rang de ville prospère. Capitale de l'arrondissement administratif, idéalement située au centre de l'"Eurégio", elle remplit son rôle de trait d'union entre Liège, Maastricht et les Pays-Bas, Aix-la-Chapelle et la République allemande. La proximité de la région germanophone (Eupen n'est qu'à 15 km) aide Verviers à s'ouvrir vers d'autres cultures. Peuplée de plus de 50.000 âmes, elle est aujourd'hui en mesure d'offrir une physionomie souriante aux touristes désireux de découvrir le charme de ses villes commerçantes et de ses espaces verts de plus en plus nombreux.

Editeur: Maison du Tourisme -Traduction: Groupe Esperantiste de Verviers - Mis à jour: 2002/02/15

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